Cyril Frémy, Château La Croix de Pez, Saint-Estèphe
“« Je suis tombé amoureux du vin », raconte le vigneron Cyril Frémy, 40 ans. Et quand l’amour frappe, il ne faut pas le laisser à la porte ! Après des études viticoles, des premières expériences côté production à Pomerol et Saint-Emilion, puis côté commercial aux Etats-Unis, Cyril Frémy reprend en 2012 ses études à l’Institut de promotion commerciale de la CCI de Bordeaux, avant de devenir caviste. Durant cette année de reconversion, deux rencontres décisives dessineront son futur. D’abord celle avec Marie Barbé-Salenave, son amie depuis dix ans et désormais partenaire commerciale avec l’aventure « Ganache ». Ensuite, les retrouvailles avec une autre Marie, rencontrée jadis lors de son BTS viticulture-œnologie, qui deviendra sa compagne et par qui arrivera son destin vigneron. « Un jour, lors d’un repas de famille, on m’a proposé de reprendre la propriété viticole familiale, le Château La Croix de Pez, dont la récolte était jusque-là vendue en coopérative, raconte-t-il. Le passionné que je suis a foncé ! »”
16 juin 2022
1 MIN

Monsieur loyal des vignes

Début 2015, voilà donc Cyril Frémy seul maître à bord de ce domaine de six hectares en appellation Saint-Estèphe (Médoc). « Vignes, chai, commercialisation, conditionnement, j’ai tout repris de A à Z, tout reconstruit », explique-t-il. A commencer par impulser une dynamique plus verte, en bannissant désherbants et autres insecticides, puis en trouvant des méthodes alternatives. « Je ne fais que du labour, j’ai remplacé les insecticides par des capsules à phéromones, tout en s’enrichissant des méthodes et idées des autres vignerons de l’appellation, sur laquelle une lutte commune est organisée. » Et ça paie.

 

Intervention minimale

Dans la lignée de cette naturalité, le vigneron est partisan de l’interventionnisme minimal au chai. « Je suis pour laisser faire, bouger le vin le moins possible, expose-t-il. Je veux laisser la magie s’opérer, car certaines choses ne s’expliquent pas scientifiquement, comme par exemple l’effet millésime. » Pour l’heure, avec « très peu de moyens », « Joe la Débrouille » comme il se surnomme lui-même, compose avec son inventivité et la solidarité des autres vignerons, qui l’ont accueilli à bras ouverts sur l’appellation. Parmi ses projets, il a en ligne de mire la modernisation de son très vieux chai aux moellons apparents, notamment en l’isolant pour éviter les déperditions énergétiques, et la création d’une unité de stockage. Dans une préoccupation de développement durable, il recycle déjà toutes ses matières sèches (carton, plastique, palettes…), utilise des barriques qui ont déjà eu une première vie et en revend ensuite à ses voisins, traite ses effluents en commun avec son voisin direct, doté d’une station d’épuration.

 

Le fruit comme guide

Des chais du domaine, sortent chaque année deux cuvées rouges : 40 000 bouteilles de Château Croix de Pez (18 € à la propriété) et 1500 à 2000 bouteilles d’une micro-cuvée des quatre ou cinq meilleures barriques. « Je mets l’accent sur le fruit, précise le vigneron. J’élève seulement la moitié de ma production en barriques pour ne pas que le bois prenne le pas. Je ne veux pas faire un Saint-Estèphe austère, mais un vin soyeux qui pourra être bu dans les deux à quinze ans à venir. » Parés de cette belle buvabilité, les vins de Croix de Pez s’allient à merveille avec des gibiers, viandes, comme avec toutes sortes de cuisines.

 

Exergue

« Je mets toutes mes tripes dans mes vins, je fais le maximum pour qu’ils me ressemblent ! »

 

                                                                                                           

 

SES ADRESSES #BORDEAUXLOCAL.                                                         SON VIN  #BORDEAUXLOCAL POUR
  • Pour un restaurant gastronomique, La Maison d’Estournel (Saint-Estèphe).
  • Un apéritif #Bordeauxlocal en terrasse ? Un Entre-deux-Mers et des huîtres ou des fruits de mer.
  • Le Saint-Julien (Saint-Julien-Beychevelle), « un endroit exceptionnel avec un chef exceptionnel ».
  • Un pique-nique #Bordeauxlocal ? Un Côtes-de-Bourg ou Côtes-de-Blaye sur le fruit, facile à boire.
  • L’hôtel-café-restaurant de l’Abbaye (Vertheuil) « la cantine du midi, avec une belle terrasse sur les jardins de l’abbaye ».
  • Un dîner #Bordeauxlocal ?Un Saint-Julien, moins puissant que Pauillac, plus que Margaux, mon péché mignon, « personne ne fait de mauvais vin sur cette appellation ! »
  • Un moment au coin du feu #Bordeauxlocal ? Un grand et vieux millésime de Saint-Estèphe, à déguster pour lui-même.

Artiste Associé Photographes

Vous avez aimé ? C’est le moment de partager !
Partager l’article
À la une